Qu’est-ce qu’une sorbonne pour laboratoire ?
Et si l’air que vous respirez au laboratoire mettait en danger vos manipulations ? Chaque jour, des opérateurs sont exposés à des substances chimiques volatiles, des poudres toxiques ou des vapeurs acides, sans toujours bénéficier de l’équipement adapté. Pourtant, une sorbonne, qu’elle soit à recirculation, à extraction, ou en flux laminaire, constitue la solution essentielle pour assurer un travail sécurisé et conforme aux normes.
Ce dispositif ventilé, bien plus complexe qu’une hotte, limite l’exposition, capte les polluants, filtre l’air et protège chaque utilisateur grâce à un système de captation performant, une vitre frontale, des panneaux latéraux en verre, une construction résistante, et un débit d’air maîtrisé. Sur paillasse, en version mobile ou murale, la sorbonne s’adapte à chaque usage, chaque laboratoire, chaque opération sensible.
Mais attention : toutes ne se valent pas. Choisir la bonne sorbonne, c’est faire le bon choix pour vos manipulations, vos résultats et la santé de votre personnel. Ce guide vous donne toutes les clés pour comprendre, comparer et bien investir.
En bref, voici les points les plus importants à retenir :
- Une sorbonne de laboratoire est un équipement de sécurité essentiel pour capter les vapeurs, gaz et particules toxiques directement à la source, protéger les opérateurs et préserver la qualité de l’air dans l’espace de travail.
- Il existe plusieurs types de sorbonnes, dont les modèles à recirculation (filtration interne) et à extraction (rejet à l’extérieur), chacun adapté à un usage, une configuration de laboratoire et un niveau de risque chimique différents.
- Le bon fonctionnement d’une sorbonne repose sur des composants clés (vitre frontale, filtres, ventilation, capteurs…) et sur le respect strict des normes NF EN 14175, XP X 15-203 et NF X 15-211 pour garantir efficacité et sécurité.
- Le choix d’une sorbonne dépend de nombreux critères : nature des substances manipulées, fréquence d’usage, configuration du local, budget disponible, volume de travail, besoins en accessoires et niveau de confort attendu.
- Une installation soignée et un entretien régulier sont incontournables : test annuel de confinement, remplacement des filtres, vérification des alarmes et formation des utilisateurs sont les piliers d’une utilisation sécurisée sur le long terme.
Pour aller plus loin et tout savoir sur cet article, je vous invite à lire l’article.
Comprendre l’utilité d’une sorbonne de laboratoire
Travailler dans un laboratoire, c’est manipuler des produits chimiques, des solvants, des gaz ou des poudres qui peuvent être irritants, toxiques voire corrosifs. Une sorbonne sert donc à isoler l’opérateur pendant ses manipulations, tout en assurant la captation des substances dangereuses. Son rôle principal est de limiter l’exposition du personnel aux risques chimiques et de garantir un environnement de travail sécurisé.
Une sorbonne crée une barrière physique entre la zone de manipulation et le reste du laboratoire. Grâce à un système de ventilation, elle aspire l’air chargé de polluants et l’empêche de s’échapper dans la pièce. Elle est souvent placée sur une paillasse ou directement intégrée dans le mobilier. Certains modèles sont autoportants, d’autres suspendus ou muraux, selon la configuration du local.
Ce confinement est crucial pour la sécurité microbiologique, la qualité de l’air et la prévention des contacts directs avec des produits dangereux. En plus de la protection de l’opérateur, la sorbonne limite la contamination croisée, surtout dans les laboratoires partagés ou les espaces exigus.
Fonctionnement d’une sorbonne : principes et composants
Le fonctionnement repose sur un principe simple : créer un flux d’air dirigé qui capte les polluants à la source. L’air entre par l’ouverture frontale, circule dans une enceinte confinée, passe par un système de filtres (selon le type de sorbonne) puis est soit rejeté à l’extérieur, soit renvoyé purifié dans la pièce.
Les composants essentiels sont :
- Une vitre frontale (ou guillotine), souvent mobile, qui permet d’accéder à l’intérieur tout en limitant les turbulences.
- Un plan de travail résistant (en verre émaillé, PVC, inox ou céramique) adapté aux produits manipulés.
- Un système de ventilation : extracteur d’air, ventilateur, conduits ou filtres intégrés.
- Des capteurs de vitesse d’air et des alarmes pour alerter en cas de défaillance.
- Des accessoires intégrés : robinets de gaz, prises électriques, éclairage LED, commandes frontales, etc.
Dans les modèles les plus avancés, on trouve aussi des systèmes de régulation automatique, un écran de contrôle de débit, un manomètre de pression ou encore un capteur de saturation des filtres.
Les différents types de sorbonnes de laboratoire
Toutes les sorbonnes ne se valent pas. Voici les grandes catégories disponibles sur le marché.
Sorbonnes à recirculation (ETRAF)
Ce sont des hottes chimiques filtrantes. Elles ne nécessitent pas de raccordement à un réseau d’extraction, car elles filtrent l’air aspiré (grâce à des filtres à charbon actif ou HEPA) puis le renvoient dans la pièce. Ce système est adapté aux petits locaux, aux manipulations occasionnelles ou à la pesée de produits peu volatils. Il est économique à l’installation, mais nécessite un suivi rigoureux des filtres.
Sorbonnes à extraction
Elles évacuent l’air contaminé à l’extérieur du bâtiment via un système de gaines et un ventilateur. Elles garantissent un niveau de sécurité très élevé, idéal pour les produits volatils, les acides chauffés ou les manipulations fréquentes. Leur installation est plus coûteuse, mais elles permettent une captation plus efficace.
Sorbonnes selon l’usage et la configuration
- Sur paillasse : compactes et pratiques, elles sont idéales pour les lycées, les universités ou les labos d’analyses.
- Autoportantes : posées au sol avec structure propre, elles offrent plus d’espace de travail.
- Walk-in : on peut y entrer pour manipuler des grands volumes ou du matériel encombrant.
- Spécialisées : modèles pour acides chauffés, hotte à flux laminaire horizontal, sorbonne standard à haut débit, etc.
Normes et réglementation : ce qu’il faut savoir
Les sorbonnes doivent être conformes à plusieurs normes, dont les principales sont :
- NF EN 14175 : norme européenne pour les sorbonnes d’extraction.
- XP X 15-203 : pour les contrôleurs de vitesse d’air.
- NF X 15-211 : pour les hottes à filtration.
Ces normes définissent des critères précis : vitesse frontale (0,4 à 0,6 m/s), stabilité du flux d’air, niveau sonore, efficacité du confinement, résistance des matériaux, sécurité électrique, etc.
Les règles AFNOR, les recommandations de l’INRS et le Code du Travail viennent compléter ce cadre réglementaire. Le respect de ces normes est essentiel pour assurer la protection des utilisateurs, éviter les sanctions, et garantir la fiabilité du matériel sur le long terme.
Comment bien choisir sa sorbonne de laboratoire ?
Voici les critères principaux à prendre en compte :
Nature des substances manipulées
Les produits volatils et toxiques nécessitent une extraction. Les manipulations ponctuelles ou pédagogiques peuvent se contenter d’une sorbonne à recirculation.
Fréquence et durée d’utilisation
Plus l’usage est intense, plus il est recommandé de s’orienter vers un modèle robuste, avec débit variable et contrôle automatique.
Volume de travail et configuration du laboratoire
La largeur, la profondeur, la hauteur intérieure, l’accès (vitres latérales, porte frontale), tout cela doit être ajusté à vos besoins.
Confort et sécurité
Une sorbonne bien conçue, équipée de lumière LED, de panneaux latéraux transparents, d’une vitre motorisée ou de commandes ergonomiques améliore nettement les conditions de travail.
Budget disponible
Les prix peuvent varier de 2 000 € pour une hotte de base à plus de 15 000 € pour un modèle équipé sur mesure. Il faut aussi anticiper le coût d’entretien, les remplacements de filtres et les tests périodiques.
Installation, maintenance et bonnes pratiques
Installation
Une sorbonne doit être installée dans un local ventilé, loin des flux d’air perturbateurs (portes, fenêtres, VMC). Elle doit être fixée solidement, à hauteur ergonomique, avec un plan de travail adapté à la nature des produits.
Pour les modèles à extraction, l’installation comprend la pose des gaines, le raccordement au réseau et parfois un système de compensation d’air. L’ensemble doit être testé avant mise en service.
Maintenance
- Changer les filtres dans les délais recommandés.
- Vérifier l’état de la vitre (guillotine), des joints, des systèmes d’alarme.
- Réaliser un test de confinement (à la fumée ou SF6) chaque année.
Bonnes pratiques d’utilisation
- Garder les produits à plus de 15 cm de l’ouverture.
- Ne pas passer la tête à l’intérieur.
- Limiter les mouvements brusques qui perturbent le flux.
- Fermer la vitre après usage.
Accessoires complémentaires utiles
Voici des options qui peuvent améliorer la sécurité et le confort :
- Prises intégrées
- Robinets gaz, eau, vide
- Armoire ventilée en rétention PVC
- Éclairage LED haute efficacité
- Caisson de filtration supplémentaire
- Moniteur de saturation
- Panneaux latéraux en verre ou polycarbonate transparent
Coût, fournisseurs et alternatives
Le prix dépend :
- du type (extraction vs recirculation),
- des dimensions (largeur de 1,2 m à 2,4 m),
- des matériaux (verre émaillé, acier, PVC),
- des options (systèmes de compensation, contrôleurs, motorisation).
Certaines entreprises proposent aussi :
- Sorbonnes d’occasion : à faire vérifier par un organisme indépendant.
- Location courte durée : pour des essais ou projets ponctuels.
Conseil : demander plusieurs devis et s’assurer que le modèle est bien conforme selon la norme NF EN 14175.
En résumé
La sorbonne de laboratoire est bien plus qu’une simple hotte aspirante. C’est un outil de sécurité indispensable, qui protège les opérateurs, le matériel, et garantit un environnement de travail sain. Bien choisie, bien entretenue et bien utilisée, elle vous permet de manipuler des substances dangereuses sans stress, dans le respect des normes et de votre santé.




